RESTAURATION DU CHATEAU DE MALAIN - Campagne 2015

 

            L’implication dans l’année de plusieurs Mâlinois, de sociétaires du Gam et des Sorcières a compensé la relative faiblesse numérique des bénévoles du camp de juillet : une dizaine contre la quinzaine habituelle. Le mois de juillet a ainsi permis de tenir le programme prévu et les intervenants locaux ont assuré l’entretien du site et l’approvisionnement en matériaux (dons et manipulations) du chantier. Le tout dans une atmosphère conviviale et à l’entière satisfaction des bénévoles comme des visiteurs qui peuvent mesurer le chemin parcouru depuis 1985 et comprendre le but recherché : la sauvegarde et l’animation d’un patrimoine local assez exceptionnel, dans le respect de son intégrité et de l’environnement.

 L’entretien du site :

            L’entretien du site – désherbage, nettoyage des salles, petites réparations, rangements …– est assuré essentiellement par les bénévoles du Gam : Yves Belotti, Henri Germain, Claude Orthlieb, Louis Roussel, Michel Vallageas : un travail répétitif mais essentiel qui devra être élargi cet hiver aux abords du château que la végétation a tendance à recoloniser . L’aide des Sorcières et de tous les habitants de Mâlain serait la bienvenue ; 2 ou 3 Samedi de labeur commun en automne suffiraient à redonner toute sa lisibilité au château et à  rétablir le parcours de randonnée ceinturant la butte.

Jardin
Sans titre

            Yvon Michea a repris la vigne et le verger qui sont désormais bien installés et nous dispensent leurs fruits pleinement naturels. Denis Moissenet s’occupe toujours des ruches avec ses amis apiculteurs. Louis Roussel  entretient le potager et Anette Roussel bichonne la roseraie et le jardin des simples. Cette intégration de vignes et de jardins au cœur du château est particulièrement appréciée des visiteurs ; elle donne vie, couleurs et senteurs à la pierre.

 La préparation du chantier de juillet :

            Si nos camps d’été sont si productifs, c’est en partie parce qu’ils sont soigneusement programmés et approvisionnés en amont : établissement du planning, achat et/ou donation des matériaux nécessaires ; acheminement de ceux-ci du parking en contrebas jusqu’au château ; mise en place des échafaudages et des repères de réglage et niveaux ; remise en état des outils…

           Un grand merci  aux Sorcières pour le week-end qu’ils ont consacré à l’acheminement des pierres : leurs bras, la grue de Christophe Borde, le tracteur de Sam  et les quads  des Milhem ont fait merveille.

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            Mais les pierres données par Henri Germain, les tomettes de Mme Niot, les dalles de sol de M. Ronchère ont soulagé les finances du Gam et trouvé leur place au château. Merci encore à eux et pensez à nous, comme eux, si vous avez des pierres, des dalles, des tomettes ou des bois disponibles : nous sommes toujours preneurs, notre projet pour le château n’étant pas clos.

 Les ateliers de la basse-cour :Atelier

            Les appentis construits par Sylvain Klein dans la basse-cour avaient dans notre esprit pour vocation , non seulement d’abriter lors des fêtes les intervenants mais de devenir à terme des ateliers permanents complétant le musée en en exposant les outils des métiers traditionnels du bâtiment : menuiserie,charpente, taille de pierre, forge, céramique d’usage…

            Pressés par le temps et les contraintes du chantier, ils tendaient à devenir de simples abris pour nos outils et matériaux.  L’exemple de Jean-Louis Questiaux  qui a mis magnifiquement en place avec ses élèves l’atelier de menuiserie nous a décidé à faire place nette : matériel et outillage ont trouvé place ailleurs et l’enfilade des appentis a repris sens pour le visiteur. Il passe toujours en entrant devant l’appentis abritant le four à pain (au XVIe s. des écuries) et aborde l’enfilade par les deux travées consacrées à la présentation du château et à l’accueil  pour découvrir le comptoir lié au four et évoquant la cuisine médiévale, suivi de la travée consacrée au travail de la terre, d’un atelier de potier, de celui du charpentier et du menuisier, d’une forge et de l’atelier du tailleur de pierre. La présentation n’est pas encore tout à fait au point et nous solliciterons les artisans pour nous conseiller ; mais l’esprit de l’installation est respecté, les réserves du musée mises en valeur et les artisans intervenant dans nos fêtes trouveront là un cadre propre à inscrire leur art dans la tradition.

Le chantier de juillet

            Une dizaine de jeunes venus de France, d’Espagne, du Canada et de Tchéquie ont répondu à notre appel. Bien encadrés par Sylvain Klein pour la charpente et par Henri Germain, Pierre Etienne Robinet et moi-même pour la maçonnerie, ils ont pu tenir le programme prévu. Travail et détente ont rythmé le chantier qui ne laissera que de bons souvenirs : amitiés nouées, nuitées au clair de lune sur la terrasse ou à l’entour des cheminées du château quand le temps l’imposait, repas confectionnés dans les fours à pain, discutions autour des verres…

Chantier1
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            Dans la cuisine, le dallage du sol a pu être complété et l’escalier plafonné. Nous espérons pouvoir réaliser la voûte en lauzes du four dans l’hiver. A terme le plafond de la cuisine devrait être reconstitué et la salle mise hors d’eau pour redevenir opérationnelle.

Cuisine1
Cuisine2

            Sur la tour, après que l’entreprise  Lacanche eut étanchéifié le sol, Sylvain Klein a pu poser le plancher suspendu protégeant le revêtement et nous avons remonté les murs en périphérie de 3 assises pour respecter les règles de sécurité. Le conduit de cheminée a été remonté parallèlement d’un mètre pour permettre à la cheminée de la salle restaurée du rez-de-chaussée de ne pas refouler.

Tour1
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           Le plafond à la française que nous avions entrepris de reposer l’an passé sur la salle attenante à cette tour a été complété. Grâce aux Sorcières qui en ont assuré le financement, Sylvain Klein a pu couvrir la salle d’une toiture en bacs acier de couleur pierre qui se fond dans le paysage, réaliser la zinguerie et relier chéneaux et descentes à la citerne pour l’alimenter. Il nous restera à aménager cet hiver la salle en vitrine d’exposition du site de Mediolanum : maquettes, photos, panneaux explicatifs, mais pas de mobilier, pour des raisons de sécurité évidentes. C’est aux musées de Dijon et de Mâlain que  les visiteurs devront se transporter pour apprécier l’importance du site, comparable à Alesia !

Plafond
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            La salle haute du corps de garde a retrouvé son pignon grâce à Marc Huygen . Il restera à poser la charpente l’an prochain pour que notre projet pour le « corps de garde » soit achevé. La salle basse servira alors de dépôt lapidaire et la salle supérieure de vitrine d’exposition de l’histoire du château et de sa restauration. Les tuiles sont déjà sur place ; restera à poser, l’été prochain, la charpente.

Salle haute1
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            Enfin les « écuries » de la basse- cour primitive   ont été débarrassées d’une grande partie de leurs décombres afin de nous permettre d’en restaurer les murs déjà dégagés. Nous avons été récompensé de nos efforts par la découverte d’objets médiévaux dans les remblais et par celle  d’un escalier menant à la terrasse aménagée (au XIIe ?) face nord du château en contrebas de la falaise et aboutissant à l’entrée primitive du château. Une fouille devra permettre un jour prochain de préciser le plan de cette basse cour primitive qui parait avoir été en grande partie conservée lors de la transformation du château en place  forte et de la création de la basse-cour actuelle pendant les guerres de religion et qui semble subsister sous le chemin d’accès.

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PROJET 2016

            Je ne parlerai ici que de la campagne de juillet dont le financement est en principe assuré.  Il portera en premier lieu sur la salle haute du corps de garde que nous couvrirons sous la houlette de Sylvain Klein. La salle ne sera pas plafonnée et la charpente en carène renversée restera visible. La toiture sera en tuiles bourguignonnes de récupération et la corniche en bois mouluré servira de support à un coyau qui protégera suffisamment les murs  du ruissellement  pour qu’il ne soit pas nécessaire de prévoir des chéneaux.

            En maçonnerie, priorité sera donnée au curage des murs sud et est du « corps de garde » qui restent à assainir. S’il nous reste du temps, nous commencerons à remonter côté vide le mur d’enceinte de la basse cour pour qu’un parapet  protège d’une chute les visiteurs qui s’y aventurent à tord et à leurs risques et périls ; mais nous avons le projet de rétablir là, à terme, un chemin de ronde qui partirait de la tour ronde pour aboutir à la porte d’entrée et à la tour la flanquant.

            D’autres travaux sont prévus qui seront fonction des financements que nous pourrons réunir :

  • dans la salle comprise entre la tour et la cuisine, taille par un sculpteur et pose de la porte sur cour, voire également de la cheminée et reconstitution par la menuiserie Chaineau des huisseries de la porte et de la fenêtre ;
  • dans la salle de la tour ronde, rétablissement à l’identique des enduits des murs et pose de tomettes carrées, émaillées si possible, afin que cette salle retrouve son aspect d’origine.

            Mais ces travaux passent en tout état de cause après la mise aux normes du tableau électrique, un simple coffret de chantier pour l’heure qui ne nous offre pas la puissance nécessaire à un bon fonctionnement et est sujet à des sautes de courant à la moindre pluie. La mairie s’est engagée à  mettre en place le tableau comme propriétaire prépondérant du logis. Ceci obtenu, la priorité sera pour nous la création d’une ligne qui nous permette de commander l’éclairage des salles depuis l’entrée et la révision des lignes défectueuses. Ceci est affaire de spécialistes et nous aviserons en fonction des ressources disponibles.

            Le projet général reste inchangé : finaliser  en priorité la reconstitution  à l’identique de 3 (ou 4) salles du rez-de-chaussée du logis pour en permettre l’ouverture à tout public et son exploitation à des fins culturelles. Ce pourrait n’être que l’affaire de 2 ou 3 ans si le Gam mobilise ses forces et trouve sur place et auprès des collectivités les soutiens nécessaires. Mais d’autres projets sont à l’étude pour poursuivre la restauration et faire du château et de ce site assez exceptionnel de Mâlain un pôle touristique et culturel majeur de la région.

                                                                                                                                                                                                                                                      Louis Roussel

  • Nom du fichier : Chantier été 2015
  • Taille : 3.76 Mo

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